Un futur incertain pour la cogénération

Produire de l’électricité avec un moteur thermique ou une turbine alimentée par une énergie fossile (gaz naturel ou mazout, par exemple) ou une énergie renouvelable (biomasse ou biogaz, par exemple) dégage une grande quantité de chaleur, habituellement inutilisée. La cogénération vise à récupérer cette chaleur pour chauffer de l’eau, qui va à son tour alimenter un réseau de chauffage urbain ou collectif, un réseau d’eau chaude sanitaire ou encore un réseau industriel. Ce système permet donc de réduire les gaz à effet de serre. Mais l’avenir de la cogénération est-il assuré ?

En France, la très grande majorité des installations de cogénération (90%) fonctionnent au gaz. En 2015, les experts ont estimé qu’elles produisaient 5,2 GW soit 4% de la production d’électricité française. Cette production est équivalente à celle d’une centrale nucléaire de type EPR de 3 ou 4 tranches. Plus du tiers de la production française est concentrée en Ile-de-France, en Rhône-Alpes et en Normandie. Grâce à la production combiné d’électricité et de chaleur, la réduction des émissions de CO2 est approximativement de 8 millions de tonnes par an. Malgré cet impact positif sur l’environnement, l’avenir de la cogénération semble incertain.

La cogénération se heurte à un problème majeur, le manque de rentabilité. Tout d’abord, la chaleur se transporte difficilement. L’utilisateur doit donc se trouver à proximité de la production. Or, en France, le nucléaire et l’hydraulique dominent. Les centrales nucléaires ou hydrauliques sont éloignées des villes, où se concentrent les besoins en chauffage. De plus, la cogénération produit de manière constante électricité et chaleur. Il n’est pas possible d’augmenter l’un et de diminuer l’autre. Ce système est donc plutôt adapté au process industriel. Enfin, le coût de production de l’énergie électrique dans notre pays est faible. Pour soutenir la production combinée électricité – chaleur, un tarif de rachat réglementé existe. Les dispositions relatives à ce rachat ont revues par un arrêté du 20 juillet 2016. Désormais l’obligation de rachat à un tarif fixé par l’Etat ne porte plus que sur les centrales d’une puissance ne dépassant pas 12MW. Cet arrêté de 2016 abroge un arrêté du 13 mars 2002, qui lui fixait cette limitation à 36 MW. L’avenir des plus grosses centrales est donc incertain. Elles risquent d’être démontées dans les années, qui viennent car elles ne sont plus rentables. Subsisteraient, cependant, celles dédiées à l’auto-consommation par une usine ou par un hôpital, par exemple.

Mais l’avenir est peut être maintenant à la miro-cogénération. La production du chauffage et d’une partie de l’électricité se fait au niveau de l’habitat individuel grâce à une chaudière à micro-cogénération.

 

L’organisme m ta terre a établi un rapport complet sur la production combinée chaleur / électricité. Le site spécialisé de GRDF dans l’expertise efficacité énergétique donne des informations sur le rachat au tarif réglementé (contrat C16 si la source d’énergie utilisée est le gaz).