Le biocarburant à base de bactéries

La possibilité d’utiliser les biocarburants pour remplacer les carburants dérivés du pétrole, dans le domaine des transports, est une idée qui titille depuis plusieurs années l’esprit des chercheurs. Toutefois, l’impact parfois négatif de ces agro-carburants sur l’environnement a poussé les laboratoires à chercher de nouvelles façons de les produire. Cela a mené à l’introduction de bactéries dans le processus. Avant d’entrer dans les détails et d’aborder les enjeux autour de cette nouvelle forme d’essence, un petit rappel sur le sujet s’impose.

Qu’appelle-t-on biocarburant ?

Pour définir le biocarburant, l’on pourrait dire qu’il s’agit d’une forme de carburant fabriquée à partir de matières organiques, non-fossiles et renouvelables, provenant de la biomasse. Toutefois, la production de cet agrocarburant a de grandes répercussions sur l’environnement. La fabrication des agrocarburants dits de première génération, qui sont obtenus à partir de productions agricoles, nécessite de grands espaces. À la longue, cela empiète sur les terres qui sont normalement utilisées pour la culture de produits alimentaires. Nombreux sont les chercheurs qui affirment même que ce système favorise la déforestation à un pourcentage non-négligeable.

La solution

Des recherches ont permis de découvrir des techniques pour produire du biocarburant à partir d’éléments comme le bois ou les résidus végétaux. Cela constituait déjà une avancée louable, étant donné qu’il en a découlé une réduction considérable des répercussions sur l’environnement. Toutefois, en 2012, une entreprise française du nom de Deinove a fait une annonce ayant eu l’effet d’une bombe dans le monde entier. Elle a déclaré avoir trouvé un moyen de fabriquer des agrocarburants à base d’éthanol, grâce à l’exploitation des bactéries.

Deinove a expliqué qu’il était possible d’obtenir de l’éthanol (un carburant qui se transforme en essence), à partir de la fermentation de maïs, de betteraves ou encore de canne à sucre. Ce type d’agro-carburants dits de deuxième génération s’obtient également avec des déchets ou des végétaux non-comestibles par l’homme. De nombreux laboratoires se sont alors très vite penchés sur cette possibilité, et il a été démontré que ces nouveaux biocarburants pouvaient offrir un rendement 10 à 100 fois supérieur aux agro-carburants traditionnels. Inutile de dire qu’il s’est agi à l’époque d’une nouvelle sensationnelle, venant couronner de longues années de travail. Depuis, les choses ont énormément évolué et les multiples options offertes par l’utilisation des bactéries continuent d’être étudiées. De nouvelles perspectives sont nées, mais également de nouveaux défis.

Les enjeux

Les principaux enjeux se situent sur le plan économique, mais pas seulement ! Il est de notoriété publique que les biocarburants sont bien moins chers que l’essence et les autres combustibles fossiles. Les utilisateurs qui ont voté « bio » peuvent donc se réjouir, car la production à base de bactéries ouvre la porte à une plus grande capacité de fabrication, ce qui implique que l’offre sera améliorée. De plus, étant donné que le nouveau type de carburant sera fabriqué sur le plan local, ce sont les entreprises implantées sur le sol français, et exerçant dans le domaine, qui en profiteront.

Même si tous les voyants semblent au vert pour le carburant bio, il existe tout de même certains problèmes qui viennent entacher le bel horizon qui se profile. Sur le plan sanitaire par exemple, la production massive d’agro-carburants à base de bactéries peut laisser échapper de fortes quantités de C02, ce qui ne serait plus vraiment différent des carburants actuels. Par ailleurs, l’un des plus gros bémols se trouve dans le fait qu’il n’existe pas encore beaucoup d’appareils ou d’engins fonctionnant avec ce nouveau type de carburant. La question qui se pose alors est de savoir quelles sont les avancées réalisées en ce sens.

En résumé

La recherche d’alternatives à l’utilisation des énergies fossiles a connu une percée significative, avec les possibilités offertes par l’intégration des bactéries. Toutefois, même si les efforts des chercheurs sont louables, force est de constater que la route vers le plein régime « bio » est encore très long.